Contributions débat d'orientation



Thème 1 : Le renforcement de la SFU
Thème 2 : La SFU et l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes
Thème 3 : « La Profession Urbaniste », en France, en Europe et dans le monde »
Thème 4 : « La SFU et la formation »
Thème 5 : « La SFU et la parole des urbanistes»



Dominique Musselin (Avignon)

PARTICIPATION AU DEBAT D’ORIENTATION SFU


La Société française des urbanistes aura cent ans en 2011. Elle a été pendant des dizaines d’années la référence des urbanistes français. Elle représentait en effet LA référence intellectuelle et sociétale d’une profession à la fois récente et attachée à des valeurs humanistes.
Nous devons être fiers du chemin parcouru.

Notre monde mute en profondeur pressé par les enjeux climatiques et énergétiques, notre société se transforme en mettant en exergue des exigences nouvelles de démocratie participative, l’organisation administrative et politique de nos territoires se présente à nous sous un visage qui évolue en profondeur.

Voilà des évolutions que nous avons toujours souhaitées et auxquelles nous avons, à notre place et grâce à nos réflexions, sinon impulsées du moins accompagnées avec la ferveur qui est celle de nos membres. Nous ne sommes pas des « déclinistes ». La société savante d’urbanistes qui est la nôtre doit être fière de la tâche qu’elle a remplie au cours de ces années.

Notre profession est désormais pressée de toutes parts pour se transformer pour faire face à ces nouveaux défis et s’adapter à ce nouveau paysage, celui de la société du 21ème siècle. L’intérêt des urbanistes pour le devenir durable de la terre, pour la démocratisation des pratiques professionnelles et pour la modernisation et la décentralisation institutionnelles doivent bien entendu perdurer, voire s’amplifier, car ces enjeux pour lesquels nous nous sommes investis hier – c'est-à-dire au siècle dernier depuis 1911 – resteront des enjeux majeurs pour les années à venir.

Pour autant, nous avons appris de nos prédécesseurs et de notre expérience de praticien que si les principes sont intangibles, s’ils ont démontré leur pertinence, il faut savoir néanmoins savoir s’adapter de façon pragmatique aux évolutions de notre champ professionnel.

Non pas parce que nous sommes passés du « primat de l’énergie fossile abondante » à « l’injonction du climatologue ». La ville durable est bien évidemment un impératif professionnel et éthique.

Mais parce que la profession d’urbaniste est en train d’évoluer. Il nous faut donc comme toute construction durable nous appuyer sur nos fondations, celle de 1911, et nous préparer à ouvrir les fenêtres progressivement d’ici 2011 pour préparer la SFU du 2ème siècle.

Quelques faits doivent nous guider dans cette volonté d’ouverture et d’adaptation:
- la profession d’urbaniste n’est plus réservée à une élite mais est devenue un métier pour plusieurs milliers de praticiens.
- la profession s’est largement ouverte aux jeunes issus de formations en majorité universitaires.
- les métiers exercés par les urbanistes, tout en restant ancrés dans le « fait urbain » se sont diversifiés, et souvent à un tel point que la référence forte à la famille d’origine s’est quelque peu distendue.
- si la profession d’urbaniste est mieux protégée, et ce fut un combat nécessaire, le métier ne l’est pas et nombreux sont les acteurs qui s’introduisent dans la « confection urbaine ».

S’il faut savoir transmettre le savoir-faire et préserver les valeurs fondatrices de la SFU, il faut aussi prendre en compte cette nouvelle donne et se l’approprier dans notre pratique et dans notre organisation.

Il nous faut, au nom du passé, porter les valeurs d’une ville durable et humaniste, et il est devenu nécessaire, pour préparer l’avenir de notre profession, de réfléchir ensemble à une évolution de la société française des urbanistes. Ce projet, nous avons trois années pour le préparer, à la fois en termes d’idées et en termes d’actions.


Trois groupes de travail, correspondant à une priorité annuelle et animés chacun par un membre du bureau pourraient être constitués.

Priorité 2009 : « forum jeunes urbanistes »
Il s’agirait de mettre en place une action durable en direction des instituts d’urbanisme (pris au sens large). Cette action répond à une attente des jeunes, mais est aussi le « premier étage de la fusée » développement de la SFU. Parmi les actions à réaliser :
- la « journée métier » à la rentrée universitaire,
- la mise en place du site « emploi jeune urbaniste »
- la stimulation de la mise en réseau des associations d’étudiants et de diplômés ….



Priorité 2010 : « régionalisation de la SFU »
Il s’agirait d’organiser de façon beaucoup plus systématique l’implantation de la SFU en région, soit en relançant les implantations existantes et en veillant au renouvellement des adhérents (rajeunissement), soit en s’implantant de façon rationnelle là où nous sommes absents. Il s’agirait de bâtir les implantations en priorité là où existe un institut et en s’adressant en priorité aux urbanistes qualifiés.
Les 22 régions actuelles ne sont plus très pertinentes. Il faudra donc au préalable caler une implantation à la fois pertinente et géographiquement réaliste. Le rapport Balladur parle de 15 régions, les élections européennes se calent sur une demi douzaine de grandes régions, comme nombre d’associations (HLM, SCoT).

Priorité 2011 : « le métier d’urbaniste »
Comme nous l’ont rappelé les jeunes en cours d’étude, le métier d’urbaniste n’existe pas. La reconnaissance de la qualification a été une première étape. Elle est désormais gagnée sur le plan qualitatif. Mais il faut désormais ouvrir un nouveau chantier, et jeter les bases d’une véritable organisation professionnelle. Non pas pour simplement représenter les urbanistes, mais pour sécuriser leur emploi, et l’organiser comme tout métier. La formation permanente et le lien avec l’organisation européenne seraient deux des chantiers à traiter dans ce cadre.

Ces trois priorités pourraient à la fois nourrir les groupes de travail qui ont vocation à travailler sur les 3 ans, mais à être « l’étoile polaire » annuelle qui orientera la journée SFU annuelle. La priorité 2011 pourrait constituer le thème central de la journée SFU 2011 qui coïncidera avec le centenaire.

Il faudrait aussi penser à deux autres thématiques qui pourraient servir de trame à des groupes de travail :

La communication
Nous devrions être nettement plus présents pour faire connaître la SFU et ses positions par rapport à la défense de la profession.

La « société savante »
Les acquis de la SFU, son lien historique avec un courant de pensée humaniste doivent être relancés.


Jacques Vialettes (Lyon)

« La S.F.U. n’est ni un ordre ni un syndicat. En ce sens, la S.F.U. demeure fidèle à ses pères fondateurs, qui en fondant la S.F.U., en 1911, société savante issue des courants philosophiques et humanistes de la fin du XIXème siècle à partir du Musée Social, ont voulu fédérer, débattre, proposer des orientations aux pouvoirs publics et faire évoluer le métier, les pratiques, les méthodes et les savoir-faire. »
(préambule des statuts)

Les associations d’urbanistes, groupées au sein de la confédération du CFDU ontchacune des rôles distincts : associations représentant des formes particulières d’exercice de la profession, en particulier publique, associations « d’employeurs », associations représentant une position militante de l’urbaniste sur la question du logement, ou sur celle de la mise à disposition du savoir et du conseil, association de défense d’intérêts professionnels, mais la confédération ne compte pas à l’heure actuelle de représentations syndicales, la confédération n’accueille pas non plus de représentation des enseignants ni des chercheurs et ceux-ci d’ailleurs ne se définissent que rarement comme urbanistes, bien qu’il s’agisse d’une forme possible d’exercice, reconnue tant par la SFU que par l’OPQU.

Quelle est la position de la SFU dans cette pluralité de représentations ?

La SFU est la « Société Savante » des urbanistes français. Tenir encore aujourd’hui cette position originale donne à la SFU une responsabilité permanente d’innovation
et d’expérimentation.
Le rôle de la SFU est donc plus transversal et plus fondamental que celui de la
plupart des associations d’urbanistes. Ce n’est pas un rôle expérimental ni marginal.
La SFU a en quelque sorte vocation à représenter l’ensemble des urbanistes français
sans être en concurrence pour autant avec des associations qui ont toutes un rôle
différent, ni non plus avec la confédération dont le rôle est statutaire.
Quelles responsabilités, quelles prérogatives et inversement quelles limites sont
celles de la SFU si elle veut garder ce rôle essentiel ?
La SFU doit évoluer et avancer en permanence, Elle doit régulièrement
« réinventer » l’urbanisme et doit aussi se voir réinventée elle-même à partir des
nouvelles conditions de l’urbanisme.
Or il me semble que la position de la SFU actuellement n’est pas tout à fait celle là :
- Nous donnons souvent l’impression (de l’extérieur) d’avoir de l’urbanisme (et
de l’urbaniste) une vision très vaste et très surplombante.
- De l’intérieur, ce registre existe aussi : le préambule du débat d’orientation
n’échappe pas à cette tendance (c’est peut être un des éléments qui ont freiné
l’apport des contributions) : Il n’y a pas grand-chose sur le fond à enlever aux
thèmes évoqués, mais tout y semble dit de façon trop large, définitive et un
peu immobile, n’appelant finalement aucune contribution.
- Les conditions fondamentalement médiocres qui sont faites en France à la
plupart des métiers des urbanistes contrastent d’ailleurs avec nos déclarations
ronflantes. Ce contraste saisissant nous ramène plutôt du statut de société
savante à l’image d’une sorte de salon de Madame Verdurin.
Ce n’est pas un simple problème de style, mais plutôt une attitude à trouver. La SFU
doit préférer le questionnement au déclaratif, elle doit accepter et même rechercher
une relative mise en danger, condition absolue d’une attitude prospective.
Essayons d’évoquer cette attitude à trouver dans les différents thèmes listés pour le
débat d’orientation :

- Thème 1 :
Le renforcement de la SFU
La SFU doit être inventée par les nouvelles façons d’exercer le métier d’urbaniste,
elle doit donc les rechercher. Il nous faut donc renforcer la SFU non pas
prioritairement en nombre mais prioritairement en qualité et en innovation (ce qui
n’est pas exclusif, la pépinière doit être conséquente). L’admission actuelle comporte
des clauses de « vérification » du type de celles de la qualification par l’OPQU.
Maintenant que celle-ci existe, il n’est plus nécessaire que ce soit l’essentiel du
dossier de demande d’admission, il nous faut plutôt rechercher la volonté éthique et
la position nouvelle. Il faut rechercher des gens différents de nous et non plus
labelliser nos semblables. Pour cela il est nécessaire de modifier les conditions
d’admission et de communiquer autour de cette modification.

- Thème 2 :
La SFU et l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes
Beau travail à poursuivre dans le sens d’un échange plus intense avec les milieux
enseignants et étudiants . Il faut sans doute réfléchir à changer le terme insertion qui
comme dans l’expression « insertion dans le paysage » peut s’entendre avec un
sens désagréablement réducteur.

- Thème 3 :
La Profession Urbaniste, en France, en Europe et dans le monde
Thème à réfléchir prioritairement au plan national par la SFU sous deux abords
principaux : quel est la singularité de la position de la SFU et comment la
développer ? et puis quels représentations manquent-ils dans la profession (par
exemple une représentation syndicale, une représentation des enseignants et
chercheurs, un rôle « statutaire » du CFDU) et comment susciter leur création ou leur
meilleure définition (sans forcément chercher à les prendre en charge au sein de la
SFU) ?

- Thème 4 :
La SFU et la formation
La SFU doit avoir un rôle prospectif et organiser des formations qui seront aussi des
temps de réflexion et de co-production sur des sujets nouveaux. Je pense qu’il est
par exemple bien trop tard pour traiter des AEU comme évoqué dans le préambule. Il
faut plutôt chercher à inventer : aborder par exemple les relations entre
développement durable et projet urbain ou bien l’indispensable retour des exigences
sociales de l’urbanisme. De semblable sujets peuvent donner lieu à des formations
pragmatiques et à un travail sur les méthodes, pas seulement à de grands débats
(les AEU se sont d’ailleurs construites comme ça).

- Thème 5 :
La SFU et la parole des urbanistes
Nous devons réfléchir aux différentes formes de notre action qui permettront la prise
de risque et l’invention dans la parole des urbanistes. Les JMU en sont un temps fort
(et historique), l’ARASFU a inventé autrefois le SUC (séminaire d’urbanisme créatif)
temps fort d’ingérence qui n’a connu qu’une édition, il nous faut impérativement
trouver des formes d’expression et d’écoute plus facile à mettre en oeuvre.
Je ne mets pas sur le site cette sommaire contribution au débat d’orientation car elle
n’entre pas tout à fait dans les cases et puis il me semble que, bien que plus
désordonnés et plus risqués, les échanges de courriels suscitent plus d’échanges.

Jacques Vialettes
(président de l’association Rhône Alpes de la SFU, architecte-urbaniste (Lieux-Dits), professeur associé à l’IUL)

Christophe Miguet (Lyon)

"Les voici devant moi, disait-il à son cœur, ils rient ; point ne m'entendent ; ne suis la bouche que veulent ces oreilles". (Ainsi parlait Zarathoustra)

POUR UNE SFU PLUS LISIBLE
Note versée au Conseil d’Administration de la S.F.U. du 9 mars 2009
Christophe Miguet V.P. S.F.U. chargé de l’information.

Je me permets de vous soumettre mes observations, dans la mesure où je n’arrive pas pour le moment à être présent aux assemblées (AG et CA).

Ce texte est un reconditionnement , (avec peu de changements), d’un ensemble d’idées que j’avais soumises au bureau en juin 2001… !
Je considérais alors que la SFU visait trop de cibles, souvent inatteignables, et qu’il était utile de se reposer les questions de base de définition de son rôle. Un petit rappel pourrait peut-être avoir une utilité, dans le cadre du débat d’orientation.


Compte tenu de notre passé, et aussi de la haute idée que je me suis forgée, comme nous tous, au sujet de notre vieille association, voici donc, (selon moi) la liste des principes de base et des engagements que l’on a du mal à respecter.


1. LA SFU N’EST PAS UN SYNDICAT
2. LA SFU N’EST PAS L’ORDRE DES URBANISTES
3. LA SFU EST EN DEÇA DES QUESTIONS DE TITRE, DE QUALIFICATION, D’EXPERTISE, DE GARANTIE…
4. LA SFU NE DISPENSE NI MORALE, NI ÉTHIQUE
5. LA SFU S’INTERESSE PREMIEREMENT A L’URBANISME, ET NECESSAIREMENT AUSSI AUX URBANISTES
6. LA SFU EST FRANÇAISE, DONC EUROPEENNE
7. LA SFU A DES AMIS DE LONGUE DATE, SANS POUR AUTANT “JOUER AVEC EUX DANS LA MÊME COUR ”
8. LA SFU REPRESENTE AVANT TOUT SES SOCIETAIRES
9. LA SFU A DES VISEES CONCRÊTES
10. LA SFU REND DES COMPTES A SES SOCIETAIRES COTISANTS
11. LA SFU EST UNE RESPECTABLE ASSOCIATION LOI 1901
12. LA SFU EST UN RELAIS D’INFORMATION ET DE DEBAT POUR SES SOCIETAIRES.



LA SFU N’EST PAS UN SYNDICAT

Rappel : la SFU n’est pas un syndicat car ce n’est pas son objet et ce n’est pas dans ses statuts. On a souvent débattu su la question. La défense des intérêts de l’urbaniste par la SFU n’est pas un effet direct de ses actions, même s’il est évident que le prosélytisme des idées sur l’urbanisme est de l’intérêt de l’urbaniste… Si le CA décide une telle orientation, il faudra changer les statuts et avoir une gestion différente des recettes et des cotisations.


LA SFU N’EST PAS L’ORDRE DES URBANISTES

Est-il besoin de rappeler le manque de lisibilité des ordres professionnels (par exemple, bien sûr, celui des architectes), oscillant entre la tâche syndicale qu’ils se défendent de prendre aux syndicats et la défense d’une “ morale d’ordre public ” anachronique face à la métamorphose progressive de la profession. Il est clair que l’évolution de la société humaine est bien plus rapide que celle des ordres… Pourtant, il m’a semblé observer, au cours des derniers CA de la SFU, quelques velléités de ressortir des placards les “ grandes idées ” ordinales. Je dis halte au casse-cou ! Les sociétaires de la SFU n’ont que faire d’une SAM (Société d’Admiration Mutuelle) ou d’un club de notables inquiets…
Le SFU doit s’exprimer publiquement à ce sujet.


LA SFU EST EN DEÇA DES QUESTIONS DE TITRE, DE QUALIFICATION, D’EXPERTISE, DE GARANTIE…

La SFU n’a pas de leçons ni de sanctions à donner ; d’autres s’en chargent avec lesquels elle est en contact permanent. La SFU doit cependant défendre un haut niveau qualitatif indispensable à sa lisibilité nationale et européenne en produisant ses propres idées et les verser au débat.


LA SFU NE DISPENSE NI MORALE, NI ETHIQUE

La SFU est un observateur éclairé des mouvements de la société urbanisée. Si elle a un devoir, c’est celui de restituer ses observations à ses membres et au plus grand nombre.


LA SFU S’INTERESSE PREMIEREMENT A L’URBANISME, AUSSI NECESSAIREMENT AUX DIVERS “ URBANISTES ” PARCEQU’ELLE LES REPRESENTE

Il est souvent débattu de l’hésitation ou non de la SFU à mettre en avant le débat sur l’urbanisme et la question reliée mais distincte, du rôle de l’urbaniste et des garanties qu’il peut apporter (question que le CEU veut traiter).
La SFU doit-elle clarifier sa position ?
La société « appartient à tout le monde », l’urbanisme concerne tout le monde ce sont des affaires entendues… Cependant, pour que le simple “ fait urbain ” devienne de l’urbanisme, c’est-à-dire, la
maîtrise de l’évolution de notre cadre de vie, partagée, prospective et durable, et bien, il faut toutes sortes d’urbanistes ! La SFU doit oser dire sans modestie qu’elle les représente…


LA SFU EST FRANÇAISE, DONC EUROPEENNE

Il y a là un enjeu majeur pour la SFU. La SFU est l’interlocuteur non institutionnel historique avec nos amis européens. Elle le reste ! Sa politique au quotidien, de façon prioritaire, en tient compte. Aller jusqu’au détail serait de mettre en place une politique active et durable de traduction en anglais de tous les actes représentatifs de ses actions.


LA SFU A DES AMIS DE LONGUE DATE, SANS POUR AUTANT “JOUER DANS LA MÊME COUR QU’EUX”

Le positionnement vis-à-vis du CFDU, - parce qu’il s’agit bien de cela ! – ne doit plus occuper le temps précieux des rencontres entre responsables régionaux et nationaux de la SFU. On a fait le tour de la question : chacun sa vie,
• La SFU demeure seule française (non institutionnelle) au CEU, car tel est son champ d’action.
• Dans les régions, les liens amicaux entre femmes et hommes, font que constamment les contacts persistent et les travaux se croisent entre la SFU et le CFDU. Entre les ARU et les délégations SFU. Alors où est le problème ? Pas à la SFU, cela est certain …


LA SFU REPRESENTE AVANT TOUT SES SOCIETAIRES. ELLE LEUR REND DES COMPTES
ELLE A DES VISEES CONCRÊTES POUR SES MEMBRES.

Le point crucial est atteint : qu’offrons nous aux sociétaires en échange de leur cotisation ? En dehors de la possibilité de posséder un tampon avec URBANISTE SFU écrit dessus, je crois qu’à ce jour, la SFU n’offre pas grand-chose à ses sociétaires. Tout cela est très grave. Les orientations prises au CA ignorent souverainement cette question de base. On est pourtant là pour ça ! Il apparaît urgent que le CA sorte des discours abstraits, (certes enthousiastes et généreux), pour nous orienter vers l’idée de service aux membres. Par exemple la création du service emploi à partir du site web. Malheureusement personne ne veut comprendre qu’un tel dispositif exige une mobilisation et des moyens financiers dignes des JMU…


LA SFU EST UNE RESPECTABLE ASSOCIATION LOI 1901.

Un des préceptes du BAUHAUS était que chaque individu passant par cette l’école devienne un “représentant éclairé et respecté de la société ”. Que rêver de mieux pour un urbaniste SFU ?
Voici la seule force gérable dans le cadre d’une association comme la nôtre : organiser la circulation des idées.
La SFU (sur)vit sur l’avantage certain de durer depuis 1911, avec un parcours jalonné d’avancées et de grands noms. Portant, nous n’avons pas et nous n’aurons pas les moyens de nos ambitions. Il faut l’accepter. Redorons l’étiquette de société savante !

L’abstraction n’a qu’un temps. Temps qu’il est possiblevde renouveler à la faveur d’un changement d’équipe, pour repartir avec quelque fraîcheur vers d’autres visées chimériques… Mais quelle énergie, quelle fatigue ! Toutes ses “ vibrations positives ” devraient se focaliser sur un ou deux objectifs ciblés qui pour conduire à des résultats très identifiés à l’extérieur. Car le fait implacable est là : plus on se disperse moins on est visible.


LA SFU EST UN RELAIS D’INFORMATION ET DE DEBAT POUR SES SOCIETAIRES

Mon sentiment est que nos débats entretiennent une confusion entre ce qui relève de l’information et ce qui relève de la communication. Ainsi la part des choses n’est pas faite entre les différentes utilités de nos relations avec l’extérieur. Bien sûr, les temps font qu’il faut une SFU communicante : la société des médias, l’Internet (dont je reste trop seul aficionado pour se coller à la tâche…), les réseaux, les méfiances…

Pourtant, le CA devra admettre que la SFU, encore à ce jour, a très peu à communiquer d’autre qu’un discours béni-oui-oui et onusien sur le développement durable. Non pas faute de contenus, car l’on peut faire confiance à nos membres pour cela, mais parce qu’elle est incapable de récolter l’information auprès d’eux et de diffuser nationalement et internationalement - faute d’organisation ad hoc- à part par e-mail (les « spams », devrait-on dire).

La tentative de faire participer les sociétaire au débat d’orientation à travers le site se solde à mon sens par un échec. Très, très peu de réactions. Le manque de lisibilité de la SFU vis-à-vis de ses sociétaires s’accompagne d’un manque de motivation de ces derniers pour passer du temps à réagir et à transmettre.

Pour passer de la “ réclame ” des années soixante à la “ com ” il faut avoir d’abord compris et appliqué la base : à savoir, la mise en place des modalités pratiques de l’information. Faisons un sondage auprès de nos membres : qui est au courant des actions de la SFU ? Qui a pu se faire une idée à peu près objective de “ l’esprit ” représenté par l’exécutif en place actuellement ? Qui connaît les “ trombines ” de “ ces gens” qui envoient des rappels de cotisation supposant un blanc-seing en retour ?


Christophe Miguet
Vice-Président de la Société Française des Urbanistes
Mars 2009



ANNEXE : POLITIQUE D’ACTION RÊVÉE.


1 Mettre à l’étude un montage opérationnel est financier, en vue d’éditer de façon durable un périodique SFU en français et en anglais diffusé aux sociétaires, bien sûr, et aux élus français et européens (excusez du peu). Un “ quatre pages ” trimestriel avec un intitulé très militant “ french touch ». Cela veut dire en clair : un comité de rédaction est des correspondants régionaux engagés contractuellement pour relayer de l’information.

2. Mettre à l’étude un montage opérationnel est financier, en vue d’informer en premier et systématiquement nos membres. Pour réaliser ce projet le seul moyen à notre portée est le réseau Internet. Premièrement avec le site Web qu’il faut améliorer et dont il faut faire la publicité, plus qu’avec les messages électroniques dont tout le monde est inondé. Cela veut dire en clair : un comité de rédaction est plusieurs opérateurs pour installer et modifier l’information sur le site.

3. Donner un écho européen à toutes nos actions, si petites soient-elles. La reconnaissance “ intra-muros ” tant recherchée par la SFU sur son propre champ d’intervention (tenu par les technos structures, est-il besoin de le rappeler) viendra de l’extérieur : notamment des Anglais, Allemands, Italiens et Espagnols qui par leur curiosité d’échanger, mettront la SFU au-devant de la scène, si cette dernière occupe la place au bon moment. Dans cet esprit, le bilinguisme est aussi nécessaire.

4 C’est tout, car c’est déjà beaucoup !

Tout cela suppose en premier lieu un lobbying systématique dans les régions, qu’il faut chiffrer.. La SFU procède de ses régions. Il est clair que son destin est entre leurs mains afin d’adapter sur le terrain une politique qui peut paraître un peu lointaine lorsqu’on a “ le nez dans le guidon ” au plan local. C’est la raison pour laquelle, il me semble que la priorité « régionalisation de la SFU » passe avant les autres (jeunes, métier).





Patrick Ligeard (Nantes)

DEBAT D’ORIENTATION SFU
Contribution de Patrick Ligeard
Nantes le 10 mars 2009


Avec quelques années de pratique du métier mais « jeune » SFU, certains propos concernent certainement des points déjà abordés ! Et je pose ci-dessous autant de questions que j’apporte de solutions !

Une précision dans le paragraphe 2 du préambule : »le monde habite en ville », c’est certain au regard des chiffres, de la prospective, des enjeux majeurs mais il ne faudrait pas laisser pour compte « la campagne » et ceux qui y vivent, et laisser entendre qu’elle présente moins d’intérêt. On a plus à plaider pour une articulation des différents territoires et un épaulement entre eux.

Thème 1

Les enjeux principaux :
.assurer la compétence a minima de ses membres, et si possible de la profession
.aider la maitrise d’ouvrage à identifier les compétences qui lui sont nécessaires
.un lieu d’échanges, de réseaux
.une représentativité, un porte-parole, un « défenseur »
Peut-on connaître la répartition des membres de la SFU entre les grandes familles, collectivités, état, libéraux… ?Quelle évolution sur les dix dernières années ? Pourquoi chaque famille a crée son association ? Ce n’était pas l’objectif de la SFU de rassembler des praticiens d’horizons différents ?
Voir à clarifier l’articulation entre les différentes associations et la SFU

Thème 2

Identifier les formations que la SFU considère comme répondant aux critères nécessaires pour exercer la profession (APERAU ?) Avoir un suivi régulier avec ces écoles :
.être associé à la définition des programmes, des validations des acquis
.intervenir comme enseignants, intervenants extérieurs (combien de membres de la SFU a ce type de pratique ?)
.récupérer les fichiers de diplomés et leur envoyer une présentation de la SFU
.avoir des contacts privilégiés avec les associations d’élèves
.s’engager à encadrer des stagiaires pour leur apporter un plus professionnalisant ?
.encadrer les débutants pendant deux ans pour leur apporter un regard sur les valeurs portées par la SFU ?
.que faire pour que le jeune qui va payer une cotisation réduite pendant quelques années adhère définitivement à la SFU ? Quel bilan va-t-il faire ? Cela va-t-il l’inciter à prendre une part active dans l’association.

Thème 3

J’ai l’impression qu’il y a de nombreuses réflexions, prises de position, participations à de nombreuses manifestations-le site internet est là pour en témoigner-mais peu de retours « externes » : revues, colloques… ?
Mettre en place une « équivalence » SFU/OPQU ? Imposer être qualifié pour adhérer à la SFU ?
La qualification OPQU est-elle considérée comme un plus, sécurise-t-elle la prise de décision d’un maitre d’ouvrage, d’un employeur ? J’en doute !
Quelles différences entre les grands objectifs du CFDU et de la SFU ?
La difficulté vient également du concept d’urbaniste qui a souvent une double approche (architecte, paysagiste, ingénieur,…) avec ses propres organisations (ordre, FFP…) et réseaux. Et souvent le partage dommageable entre ceux qui font de la planification=bureaux d’études et ceux qui sont sur le projet urbain=concepteurs. Pour moi la SFU devrait s’engager à gommer cette différenciation, le véritable »urbaniste » étant celui qui peut passer d’une échelle à l’autre (en allant chercher les compétences complémentaires en tant que de besoin) et certainement la solution pour répondre aux enjeux du développement durable.

Thème 4

Recoupe certains éléments que j’ai commentés sur le thème 2. Par contre il manque à beaucoup de jeunes diplomés un côté « efficacité » pour participer à des études basiques mais qui sont le quotidien : un PLU, une ZAC, une étude de faisabilité…savoir où aller chercher l’info, hiérarchiser, tenir une réunion, rédiger un document synthétique… Toutes les formations ont-elles une pratique de l’atelier sur des cas concrets ?la SFU pourrait faire des propositions en ce sens.


Thème 5

Très grande diversité des urbanistes et donc de leurs positions sur des sujets majeurs ; dans ce contexte qu’elle est la parole de la SFU ?
Par contre c’est un canal à développer car chacun ne peut pas toujours prendre position dans un cadre professionnel ou local. Mettre en place un comité de lecture de quelques membres représentatif qui valide les prises de position. Inciter les membres de la SFU à proposer des articles ce qui multiplierait l’impact « SFU » dans les différentes régions ; se donner les moyens de donner régulièrement des articles aux revues, utiliser par exemple la tribune libre de la dernière page du Moniteur.


Olivier Crépin (Paris)

Bonjour à tous,

Les propositions de ce texte (contribution de Dominique Musslin) me paraissent aller dans le bon sens car étant de nature à mieux organiser notre profession. Je m'inscris donc pleinement dans l'esprit de cette contribution : "Cassons les rétroviseurs et projetons nous dans l'avenir!". J'ajouterais 3 remarques :

1. LA profession d'urbaniste comprend plusieurs "métiers" (cela va faire débat avec notre Président, mais je pense que c'est plus crédible et plus habile tactiquement de l'afficher comme cela). Je m'explique, les métiers de l'urbanisme, très divers, sont désormais identifiés (cf. le Référentiel de l'OPQU) mais pas la profession!

2. Tâchons de ne pas tomber dans le "jeunisme" : le jeune est une catégorie qui a toujours posé problème pour les politiques publiques (le Conflit du CPE ou le SMIC Jeune de Balladur l'ont montré). Si nos assises ont permis d'appâter les jeunes, il faut désormais élargir et ne pas les ghéttoïser dans une base de données. Cela ne nous exonère pas de notre devoir de les accueillir dans le Profession et de maintenir des conditions d'adhésion plus accessibles, ce que la SFU fait déjà. Tous les jeunes finissent par vieillir! Gare à l'infantilisation. La mise en place d'une bourse de l'emploi en urbanisme doit donc s'adresser à l'ensemble des professionnels : étudiants, jeunes, moins jeunes, seniors. Je propose donc de baptiser cette bourse de l'emploi "URBA EMPLOI". Ce qui a également l'avantage d'être un cheval de Troie pour recenser les milliers d'urbanistes français en activité professionnelle : nous devons nous en servir comme un répertoire des compétences et donc comme l'unique Annuaire des Urbanistes Français, comme le RTPI l'a fait Outre Manche.

3. Le Chantier URBA EMPLOI que je considère comme prioritaire pour 2009, eu égard de la grave crise économique qui n'épargne aucun secteur d'activité et qui sévit également au sein de notre profession, nécessite une REFONTE du Site Internet de la SFU. Cette Refonte doit, de mon point de vue, être l'occasion de reformuler un cahier des charges sur les OUTILS de COMMUNICATION de notre ORGANISATION. Il en va de notre lisibilité et de l'efficacité de nos actions de LOBBYING. je n'ai pas peur de le dire : il faut Dé-ringardiser notre image. Essayons de nous inspirer d'autres professions... Nouveau Site Web intégrant le portail URBA EMPLOI / NEWSLETTER / BLOGS : il me semble que cela requiert du PROFESSIONNALISME et donc des compétences en communication et un prestataire de services de com extérieur...


En espérant vous avoir sensibilisé sur ces 3 points.

Amitiés,

Olivier CREPIN


PS : Si nous ne lançons pas une campagne massive de communication sur l'intérêt de la qualfication OPQU (en incitant fortement à l'inscription des diplômés sur les listes d'aptitude), alors la qualif de l'OPQU restera un GAG, un label pour quelques happy fews : combien de qualifiés en 10 ans?


Jacques Vialettes (Lyon)

... Constructives certes, les propositions d’Olivier Crépin demandent cependant qq précautions et pas seulement pour ne pas fâcher notre président (ni notre vice président à la communication).

- « les métiers », mais parlons plutôt de spécialisations. On parle trop vite de métier pour désigner des secteurs d’activités souvent temporaires qui disparaissent lorsque la conjoncture évolue (voire lorsque les financements changent). Les métiers de l’urbaniste constituent donc une réalité bien plus changeante que ceux de l’alimentation par exemple. Il reste quand même de ces changements chaque fois quelques évolutions de la profession. Par exemple « les métiers de la politique de la ville » ont presque disparu mais il en reste un nouvel abord de la transversalité et du partenariat qui est maintenant un élément fondamental de notre profession. Soucions nous donc (comme le fait le référentiel) de saisir ces évolutions d’essayer de comprendre celles qui sont décisives et d’accepter les changements de la profession. Sans figer d’un coté « les métiers » et de l’autre « la profession », acceptons que la définition de l’urbaniste change. Ce n’est pas très simple à dire ni à faire mais c’est probablement le véritable enjeu. C’est un des éléments que j’évoquai en disant qu’il faut accepter une certaine mise en danger de la SFU. Nousne sommes pas les représentants de La profession face aux métiers, nous sommes nous-mêmes pris dans un mouvement complexe et la pérennité de la profession malgré son ancienneté n’est pas beaucoup plus assurée que celle des métiers, sauf à savoir la réinventer régulièrement.

- J’ai une méfiance à priori pour le travail sur l’image et la communication : c’est justement très très vite ringard ! Il me semble que l’image doit découler naturellement d’une réflexion sur l’action et une fois seulement que cela est fait un professionnel peut nous aider. Pour l’instant j’apprécie le caractère sérieux et un peu intemporel de l’image que renvoie le site internet. Comme ce site tient pour l’essentiel sur le travail de Christophe, il faudra avant de songer à tout modifier travailler en profondeur sur son contenu et très sérieusement sur son fonctionnement futur. Une bourse des emplois demande un travail quotidien, en avons-nous les moyens ? est ce vraiment l’objet de notre association ?

Jacques vialettes

Christophe Miguet (Lyon)

I have a dream

Un "nouveau Site Web intégrant le portail URBA EMPLOI / NEWSLETTER / BLOGS qui requiert du PROFESSIONNALISME" se réalise avec des moyens financiers d'entreprise. Hors, nous sommes une association. Seul le changement de "look" est dans nos moyens aujourd'hui. Nous n'avons même pas réglé à ce jour la facture de 1600 euros de juin 2008 au dernier "professionnel" qui est intervenu sur le site... Toute proposition (exploitable techniquement) est la bienvenue pour un nouveau Look..

Concernant le BLOG. Jean-Pierre m'a demandé pendant 2 ans d'en créer un. J'ai fait pendant ces deux ans de la resistance passive car je savais qu'il était voué à l'échec faute de personne pour s'en occuper. Je l'ai ouvert tout de même, pour le refermer un an après car il nuisait à notre image, faute de renouvellement. Il faut avoir une motivation toute personnelle pour animer un Blog. Comme Olivier ou Dominique qui animent leur propre Blog et qui savent que cela coûte du temps et ils n'auront pas envie de refondre le leur dans un unique Blog SFU richement alimenté... Je les comprend.

Une bourse emplois idem. Elle suppose qu'une personne s'y "colle" et y consacre beaucoup de temps, donc soit payée pour le faire.

Je sais tout cela car je m'occupe du site depuis 1996 (...) http://www.urbanistes.com/page-1051.html , date à laquelle j'ai pris l'initiative d'enregistrer le nom de domaine "urbanistes.com". Depuis, je demande de l'aide chaque année pour la gestion de ce site, conscient d'avoir depuis longtemps atteint le principe de Peter ! (excepté pour le renouvellement de l'image du mois).
Des demandes jamais couronnées de succès. Je continue à toiletter ce site le dimanche matin, à l'heure de la messe. Mais celà ne va pas durer.
Refonte en profondeur du site, sans doute. Mais d'abord de façon urgente son maintien, voire sa survie.

Christophe Miguet
13 mars 2009


Monde SFU

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