Habitat indigne, mal logement et urbanisme

LES URBANISTES EN PRISON ?

A Marseille, l’habitat dégradé s’effondre en plein centre-ville. La catastrophe du 5 novembre qui a provoqué la mort de huit personnes est le signe d’un triple échec : technique, économique et politique. Jacques Bédu, ancien sociétaire de la SFU, aujourd’hui membre d’honneur, venu à Marseille participer à notre assemblée du 8 novembre, a fixé à l’aide de son appareil photographique un graffiti débarrassé de toute équivoque : « les urbanistes en prison ». Urbanistes, nous nous sommes sentis concernés parce que confondus avec les premiers responsables.

Marseille, 7 novembre 2018. Photo Jacques Bédu

Habitat indigne

Dans notre débat sur la loi Cornudet du 14 mars 1919, Jacques Bédu a tenu à rappeler que la lutte contre l’habitat indigne a été à l’origine de la création de l’urbanisme considéré dans son acception moderne, c’est-à-dire une pratique d’aménagement et d’organisation de l’espace urbain, régie par des règles et des plans et qu’elle le prédétermine toujours. Il s’agit d’un combat dont l’enjeu est primordial pour les urbanistes. Lui-même y a consacré l’essentiel de sa carrière au sein du mouvement Pact-Arim, premier réseau associatif au service des personnes et des familles défavorisées, fragiles ou vulnérables et pour l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie. C’est d’ailleurs ainsi qu’il est devenu urbaniste. Il nous adresse un appel de SOLiHA, anciennement Réseau Pact et Réseau Habitat & Développement, qui recherche des fonds pour poursuivre son combat.

N’est-ce pas plutôt le rôle de la collectivité ou de l’Etat de pourvoir à l’habitat de chacun ? Ou bien, dans une logique libérale, est-ce à cause d’un défaut structurel du marché du logement que subsistent encore des immeubles locatifs sur le point de s’écrouler au cœur de nos grandes villes ? L’échec est-il imputable aux urbanistes, aux architectes, aux ingénieurs, aux financiers, aux politiques ? Nous réfléchissons à nos responsabilités. Par exemple, notre éthique professionnelle ne nous impose-t-elle pas d’agir sans délai par tous les moyens, au lieu de nous laisser enfermer dans la lenteur des procédures d’action contre l’insalubrité ?

Mais pour l’instant, il y a urgence. C’est pourquoi, avec notre ami Jacques Bédu, nous vous appelons à répondre à l’appel de SOLiHA.

Logo Ligue nationale contre le taudis, membre du mouvement SOLIHA

SOLIHA « 2019 UNE ANNEE CLEF ? »

« Marseille : huit morts, victimes du logement insalubre. Et partout en France, des maires décident, dans l’urgence, de procéder à l’évacuation d’immeubles qui menacent ruines, parfois depuis longtemps. Les associations du réseau SOLIHA et leurs salariés, dont l’expertise en matière de relogement est reconnue, sont mobilisés pour accompagner ces milliers de familles. Il faut les remercier pour leur engagement dans ces délicates missions.

Mais il ne suffit pas de mettre la population à l’abri. Le diagnostic est posé depuis longtemps, ces accidents étaient prévisibles, l’ampleur du problème est mesurée, lesdispositions à prendre sont identifiées, y compris dans la simplification des procédures administratives. Mais, sauf quelques remarquables exceptions, c’est la volonté politique qui fait défaut. Cet évènement tragique de Marseille sera-t-il l’élément déclencheur d’une action publique renouvelée en matière de lutte contre le logement insalubre ? 

Dans ce contexte, la Ligue Nationale contre le Taudis, qui assure au sein du Mouvement SOLIHA une fonction d’ingénierie financière au service des acteurs de terrain,poursuivra son action concrète et directe, grâce votre concours. »

(lire la suite sur le site Soliha)

 

LA FONDATION ABBE PIERRE PRESENTE SON RAPPORT SUR LE MAL-LOGEMENT EN FRANCE EN 2019

Dans la même actualité, la fondation Abbé Pierre nous invite et vous invite, le premier février, à la présentation de son rapport sur le mal-logement

L’état du mal-logement en 2019. Image fondation Abbé Pierre

« Présentation de la journée

Vendredi 1er février 2019, de 8 heures 30 à 16 heures 30, la Fondation Abbé Pierre présentera son 24e rapport sur « L’État du mal-logement en France », à La Grande Arche de la Fraternité, à La Défense (Paris).

Alors qu’une violente crise sociale secoue notre pays, que certains n’ont plus les moyens de se chauffer, que les expulsions locatives atteignent des records, que l’impunité des marchands de sommeil et l’insuffisance des pouvoirs publics en matière d’habitat indigne engendrent des drames, la Fondation Abbé Pierre rappellera que la lutte contre le mal-logement doit être une priorité nationale ».

(suite sur le site de l’évènement du premier février)

 

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