1911 > 2011

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Issue des courants humanistes et hygiénistes de la fin du dix-neuvième siècle (Musée Social), la Société française des urbanistes (S.F.U.), réunit depuis ses origines les urbanistes de tous modes d’exercice (public, para public et privé) sur la base de critères professionnels. Les membres du Musée social furent à l'initiative de la création de la S.F.U.) en 1911 et dont le premier siège fut rue Las Cases.
Le Musée social joua aussi un rôle prépondérant dans ce qu'il est convenu de nommer aujourd'hui "la naissance de l'urbanisme" et l'élaboration des premières lois d'urbanisme après la seconde guerre mondiale. Notamment, c'est à partir du Musée social que fut introduit en France le modèle des Cités-jardins inventé et réalisé par Ebenezer Howard.

Ainsi, la Société Française des Urbanistes a été fondée en 1911 par D. A. Agache, M. Auburtin, A. Bérard, E. Hébrard, L. Jaussely, A. Parenty, H. Prost (Architectes), J. C. N. Forestier (Ingénieur et Paysagiste), E. Redont (Paysagiste). Ces techniciens participaient au sein du Musée Social sous la direction de Jules Siegfried, à la préparation du texte qui devint la première loi française sur "l'Aménagement, l'embellissement et l'extension des villes" (loi "Cornudet" du 14 Mars 1919 et modification du 19 juillet 1924). Le 10 Mars 1914 la Société Française des Architectes Urbanistes est enregistrée au Bureau des Associations de la Préfecture de Police (Président Eugène Hénard, Secrétaire Général Donat Alfred Agache). L'association a pour objet de "réunir une documentation technique, de nouer et d'entretenir des relations avec les groupements similaires à l'étranger, de centraliser les voeux émis dans les derniers congrès urbains et d'en étudier la réalisation pratique, de participer aux expositions qui auront lieu tant en France qu'à l'étranger, de se tenir à disposition des intéressés pour toute consultation." En 1919, devenue SFU (Président Léon Jaussely, Secrétaire Général, Donat Alfred Agache), elle concours activement à la promulgation de la Loi "Cornudet". Parallèlement, elle organise des conférences et des concours comme la "Conférence Interalliée d'Urbanisme" à Paris et le concours de plans pour la "Reconstruction d'une petite ville dévastée".

(Ci-contre : historique SFU)


A l'occasion du centenaire de la SFU


En 1907, au sein du Musée Social, organisme philanthropique fondé par le comte de CHAMBRUN en 1895, se crée une "Section d'Hygiène Sociale" qui met rapidement à l'ordre du jour de ses travaux l'étude d'une législation de l'Urbanisme.

En 1911, quelques-uns des membres de cette section se groupent en une association à caractère professionnel, la Société Française des Urbanistes, (SFU) dont la mission est de mener une réflexion sur les agglomérations et leurs aménagements souhaitables et possibles.

Dès 1919, sous la présidence de Léon JAUSSELY, l'Association concourt activement à la promulgation de la Loi "Cornudet" qui devient la première loi française sur "l'Aménagement, l'Embellissement et l'Extension des villes".

A l'époque du Congrès International d'Urbanisme et d'Hygiène Municipale, la SFU a pour objet l'étude en commun des questions relatives à la construction et à l'amélioration des agglomérations urbaines et rurales ainsi que le développement de cette nouvelle discipline.

L'exposé de Donat Alfred AGACHE, Secrétaire Général de la SFU au Congrès de 1923, illustre bien les préoccupations de l'Association : Le Plan est une oeuvre d'ensemble qui a pour but de fournir les directives générales permettant de modeler la ville au fur et à mesure de son développement. Ce Plan a besoin d'être étudié en fonction de données anthropo-géographiques, économiques et sociales bien définies.

Le Congrès de 1923 est une manifestation importante car c'est la première rencontre importante (après la conférence de Londres en 1910) où l'on traite des questions d'organisation des espaces urbains et ruraux.
A l'époque, les priorités étaient la reconstruction des régions dévastées par la première guerre mondiale, la salubrité des quartiers, le dessin du paysage urbain, la maîtrise du développement anarchique, principalement dans les
banlieues.

Même si les objectifs des praticiens et techniciens de l'aménagement des années 20 semblent à nos yeux bien limités, il convient de prendre en compte les données de l'époque et les difficultés rencontrées par les Urbanistes pour éveiller la conscience des Ediles et de la population comme le prouve le nombre restreint de Plans d'Embellissement des Villes élaborés entre les deux guerres.

Si on réfléchit, dans les années 30 à 40 à la création et au développement des agglomérations en fonction de l'hygiène et de la circulation, dans les années 70, on étudie des questions relatives à l'Urbanisme et à l'Aménagement des territoires du point de vue de la science des plans de ville et de ses éléments sociologiques, culturels, artistiques et techniques.

Depuis 1911, la SFU n'a pas varié dans ses objectifs, tout en identifiant davantage le champ de la spécificité de l'urbanisme.
Les années 1980 2000 seront marquées par une volonté de décentralisation de l’urbanisme, qui en France, coïncide avec une profonde réforme des collectivités territoriales, face à une volonté de prise de décisions davantage inscrites
dans la vie locale, d’un monde qui s’accélère. Dans cette logique, la SFU portera deux concepts nouveaux, celui du « marketing territorial » et celui de « l’Arc
méditerranéen », qui seront source de réflexions pour de nombreux travaux universitaires et germes d’actions sur l’aménagement du territoire, telles les grandes infrastructures sur la façade méditerranéenne.

Enfin, en 1985, on aborde les questions relatives à l'Urbanisme, à l'Aménagement du territoire et du cadre de vie dans une approche commune entre élus et urbanistes. Cette même année la SFU participe activement à la fondation du Conseil Européen des Urbanistes (CEU / ECTP) qui rassemble aujourd'hui les associations et instituts nationaux d'urbanistes des 27 pays européens. Le CEU est une organisation faîtière qui donne à ses membres un contexte commun de travail, de formation des urbanistes, de formation continue et de définition des responsabilités professionnelles. La SFU représente aujourd'hui au sein de cette organisation les urbanistes de France.

En 1997, résultat d’une longue démarche, la SFU se donne pour objectif de faire reconnaître la spécificité de l'urbanisme (organisation responsable et réfléchie des espaces urbains, ruraux, naturels pour améliorer les conditions de vie des individus et de la société), et de l'Aménagement du Territoire (organisation stratégique et économe d'un territoire mettant en valeur ses ressources et préparant les conditions nécessaires à l'épanouissement à long terme de la société des hommes qu'il abrite).

Parallèlement à ses réflexions, la SFU s'est attachée à faire reconnaître la profession d'Urbaniste, définie par une formation spécifique et une capacité à produire un travail de réflexion et de conception sur des sociétés et des territoires allant de la région au quartier. Dans cet esprit, en relation avec d'autres associations, la SFU a contribué à mettre en place un Office Professionnel de Qualification des Urbanistes qui sera officiellement créé en 1998, sur la base des fondamentaux approuvés par la profession dès 1980.

En même temps, une prise de conscience collective se fait jour, qui oblige à concevoir et mettre en oeuvre un développement urbain durable cohérent, une approche environnementale réfléchie et responsable dans le cadre d'une réflexion globale et concertée.
Une réflexion européenne des urbanistes sera engagée pour livrer en 1998 une « vision des urbanistes sur les villes du XXIè siècle », qui sera enrichie par la « Nouvelle charte d’Athènes » publiée en 2003.

Depuis, force est de constater que l’accélération des mutations économiques, financières, sociales et culturelles, des changements climatiques et de la perte de biodiversité d’une part, les nécessaires cohésions territoriales et les nouvelles formes de gouvernance à renforcer d’autre part, mettent le travail des urbanistes et de tous les acteurs de la ville et des territoires, dans un monde devenu urbain, sur le devant de la scène, leur rappelant leur nécessaire travail sur les fondamentaux.

Face aux défis soulevés par l’urbanisation, les urbanistes veulent contribuer, comme l’appelait récemment de ses voeux, le Directeur Exécutif d’ONU Habitat, Joan Clos, à un changement de paradigme sur la vision de la ville, qui doit être considérée comme une opportunité d’avenir pour l’humanité, un lieu de développement économique, politique, culturel, artistique.

2011 est l’année du centenaire de la Société Française des Urbanistes (SFU), le premier d’une série de centenaires des organisations professionnelles d’urbanistes en Europe et dans le monde. Pour cet évènement, la Société Française des Urbanistes invite, avec ses partenaires, à réfléchir, débattre et
proposer, en appui de 100 ans d’exercice professionnel d’urbanisme, les transitions incontournables des villes du futur pour y mieux vivre ensemble.

Les journées mondiales de l’urbanisme, les 3 4 et 5 novembre 2011, à Paris, au Conseil Economique Social et Environnemental, avec de nombreux partenaires publics et privés, offrent cette ouverture pour un nouveau chantier de
la pensée et de l’action au service d’une humanité respectueuse de la planète.

SFU : 26, rue de l'Echiquier 75010 Paris France
Tél +33 (0)1 45 39 69 53
Courriel : sfu@urbanistes.com Site internet : http://www.urbanistes.com


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