Programme Christian Luyton
Chritian Lyuton
POUR UNE SFU FORTIFIEE
Au service efficient des urbanistes, dans un système de relations apaisées.
Contribution de Christian Luyton secrétaire général de la SFU
Ma contribution en vue de la prochaine assemblée générale de notre association est effectuée afin de lui assurer un dynamisme nouveau tout en s’appuyant sur ses acquis récents et cela dans une mise en œuvre apaisée. Cet écrit prend de la distance avec les discours qui divisent et se focalisent sur les actes qui rassemblent.
Notre centenaire se porte à merveille, elle a besoin d’un grand respect pour sa vie passée et sans doute d’une thérapie régénérante pour les siècles à venir. Si sa place dans le monde a évolué de la société savante à celle plus pragmatique de la défense des urbanistes et de l’urbanisme, son devenir est lié certes à la prise en compte des évolutions planétaires mais sûrement pas à un processus de rupture.
Le diagnostic sur les évolutions de cette dernière décennie semble partagé par tous, il s’agit principalement de la globalisation de l’économie mondiale, de la démocratie numérique, et à des échelles plus proches de notre quotidien de la complexification, de l’évolution juridique permanente, de la plus grande prise en compte de notre environnement et des tensions économiques dans l’exercice de nos professions.
Nous pourrions longuement développer ce constat, en décliner les effets sur la représentation des urbanistes au niveau national et européen et en faire un bilan mitigé par rapport au discours affiché et aux actions constatées. Il paraît plus opportun dans cette époque mouvante, pour consolider le devenir de la Société Française des Urbanistes (SFU), de proposer des actions réalisables enracinées sur celles déjà engagées.
Une opportunité calendaire exceptionnelle s’offre à nous : C’est celle de la commémoration du centenaire de notre association qui peut en un même lieu et en un même temps regrouper Jour Mondial de l’Urbanisme (JMU), Conseil Européen des Urbanistes (CEU) et Congrès Mondial des Urbanistes. Cette action essentielle n’est pas suffisante dans la mesure où nos membres ainsi que les urbanistes de France sont dans l’attente de services que seule une organisation de professionnels peut le rapporter. C’est donc sur ces deux volets qu’il paraît impératif que notre association s’engage sur l’exercice 2011 2012.
La consolidation de notre association passe par ces engagements pour les deux années à venir, c’est aussi l’affirmation de soi, telle que délibérée lors de notre dernière assemblée générale extraordinaire mettant au cœur de notre posture associative la qualification ou encore tel que proposé lors de la dernière assemblée du Conseil Français des Urbanistes (CFDU) une SFU regroupant tous les urbanistes personnes physiques de France.
Afin de mettre en œuvre ce programme, la structure décisionnelle de la SFU semble parfaitement adaptée, l’exercice de ces dernières années en a fait la preuve sous l’exercice du président Jean-Pierre Gautry, parfois trop démocrate, et de ses prédécesseurs. L’apport des nouvelles technologies numériques facilitant les échanges dans l’immédiateté a parfois montré ses limites dans le laisser aller textuel, dans sa diffusion non contrôlée et dans sa disparition au fond « du puits ». Ainsi quelques règles simples sont ou seront à respecter dans la hiérarchie des destinataires et les validations avant diffusion élargie.
La présente contribution soumise aux membres de notre association pour le renouvellement de son conseil d’administration, de son bureau et de son président se base donc sur des actions concrètes, immédiates, dans le fil conducteur de celles engagées ces dernières années et à la mesure de nos moyens. Bien que tout soit dans tout il est possible de les présenter sous quatre rubriques :
LE RAYONNEMENT
LA REACTIVITE
LE SERVICE
LE PARTENARIAT
LE RAYONNEMENT
La célébration du centenaire, associée aux autres manifestations prévues au cours de l’année 2011 est à mettre en œuvre suivant nos moyens qui sont relativement modestes.
Ainsi la conception d’une grande manifestation nationale au mois de novembre est à effectuer comme celles annuelles des JMU tout en lui assurant un impact médiatique plus important. Les manifestations régionales doivent s’appuyer sur celles habituellement diligentées par des délégations régionales voire même en association avec d’autres partenaires ayant initié leur propre manifestation ; les thèmes abordés étant liés très étroitement avec des problématiques locales ainsi qu’avec les attentes des professionnels sur les évolutions constatées (droit de l’urbanisme, procédure, exemplarité…).
L’ouverture au grand public étant un engagement sur l’année 2011 les manifestations seront accompagnées de l’exposition du Grand prix Européen de l’Urbanisme 2010 (2010) et de l’introduction, soit de débats publics, soit de démarches d’accompagnement et de sensibilisation à l’urbanisme en milieu scolaire (actions déjà engagées dans certains départements avec les CAUE).
Le comité scientifique de la célébration a déjà nourri considérablement le contenu à lui apporter et les références à y intégrer. Récemment Jean-Pierre Gautry et Dominique Lancrenon ont envisagé avec l’un des responsables des célébrations des centenaires d’intégrer notre célébration dans le référencement national des centenaires.
À cette occasion deux livres sont à éditer :
° pour le passé, les actes du congrès de la SFU de 1923 dont nous détenons un exemplaire, Henri Prost en étant un contributeur,
° pour le présent et le futur les contributions élaborées et rassemblées par le comité scientifique.
En parallèle le CEU a envisagé de tenir à Paris à la même période son assemblée générale annuelle à l’occasion de laquelle Dominique Lancrenon doit accéder à la présidence de cette institution.
Par ailleurs il est acquis entre les présidents du CEU et de la SFU d’engager dans la mesure du possible la mise en place concomitante d’un congrès mondial des l’urbanistes regroupant les associations d’urbanistes et d’urbanisme mondiales et nationales. L’un des membres de la SFU, Bernard Aubert peut contribuer pleinement à son contenu en temps que délégué français de l’IAU ISOCAP. Cette agrégation aux manifestations programmées paraît plus délicate en terme de délais et financièrement néanmoins c’est dans cette voie que la présente contribution envisage de s’engager.
LA REACTIVITE
Au regard des difficultés rencontrées pour prendre des positions sur des sujets d’actualité liés notre profession, il est nécessaire de choisir un processus permettant une grande réactivité dans un système de validation efficace et rapide, néanmoins rigoureux dans la vigilance juridique. Les difficultés rencontrées sont de plusieurs ordres :
° impossibilité de trouver un consensus,
° temps de réaction trop long,
° ingérence dans le « pré carré » d’autres associations,
° contrôle impossible d’électrons libres.
De ce constat il apparaît nécessaire d’intégrer dans la future équipe dirigeante un système de veille, de regroupement des contributions externes, de production et de validation des contributions propres à la SFU et enfin de leur diffusion auprès de nos partenaires et de la presse : un réservoir d’idée, un think tank de l’urbanisme.
Pour les sujets concernant directement les professionnels, retenons :
° l’accompagnement à la recherche d’un emploi (voir ci-dessous le volet service),
° l’application des nouveaux textes législatifs,
° les grands sujets d’actualité liés de près ou de loin à l’urbanisme (démographie, mondialisation, villes et sécurités, présidentielle de 2012…).
À titre d’exemple la problématique récurrente et très actuelle du coût des études d’urbanisme nécessite une prise de position claire de la part de notre association. Que nous exercions dans le public ou le privé, la réduction constatée des moyens mis à disposition pour les études d’urbanismes, hors du star-system, limite considérablement la qualité de la production et par ricochet celle de la ville et des territoires.
A titre personnel ou local, chacun de nous s’est engagé à privilégier dans les consultations le critère relatif au mémoire technique au détriment de celui du prix. Néanmoins ces prises de position partielles sont insuffisantes et nécessitent rapidement un affichage de notre part comme l’ont fait récemment les architectes (UNSFA) et les ingénieurs (CICF).
LE SERVICE
Nos adhérents et les urbanistes ont des besoins qui ne peuvent être satisfaits ni par les périodiques ni par les informations glanées sur le net. Ces besoins concernent plusieurs volets de l’exercice de nos professions, le premier par rapport à l’attente en particulier des jeunes diplômés en recherche d’emploi, le second est relatif à la mise à disposition d’une base de données définissant missions et études.
L’EMPLOI
Le conseil d’administration et le bureau de la SFU ont décidé de créer un site Internet dédié à l’offre d’emploi, l’offre de stage et la mise en ligne de CV :
URBA EMPLOI.
Sa mise en place, grâce à l’engagement de Christophe Miguet, sera effective dès le début du printemps 2011 suivant des modalités en cours de mise au point permettant tout particulièrement d’afficher :
° les offres d’emploi avec un accès par formulaire fiche « annonce recruteurs »,
° les offres de stages avec accès par formulaire fiche « preneurs de stages »,
° et les CV en ligne par formulaire CV à disposition des demandeurs d’emploi.
La mise à disposition d’informations est soumise à conditions
° inscription préalable gratuite (fichage),
° accès aux offres = espace public : mise à disposition gratuite,
° dépôt des offres = espace membres : mise à disposition payante.
En complément :
° le site est doté d’un moteur de recherche interne à la base de données et d’un outil statistique propre au site plus un moteur statistique interne à la base de données « urbanistes »,
° le site prévoit la structuration d’une partie des informations pour constituer in fine d’un « annuaire des urbanistes français »,
° un lien de dépendance est établi avec la SFU et son site.
LA BASE DE DONNEES
La mise à disposition de documents utiles à nos membres est une priorité afin de consolider notre attractivité. elle peut être constituée sur le site Internet par une bibliothèque numérique sécurisée et réservée aux membres, tous modes d’exercices confondus, regroupant les documents tels que :
° contenu des missions d’urbanisme,
° canevas des contrats,
° mode de calcul des coûts des missions,
° interprétations des novations législatives (application du GREN2, nouvelles taxations…),
° Moyens d’accès à des études remarquables tant du point de vue du contenu que formel,
° liens directs avec les membres de la SFU,
° liens utiles, Légifrance, Ministères, AMF, forums…
D’autre part, suivant une idée avancée par Bernard Aubert, une bibliothèque pourrait voir le jour dans les locaux de la SFU, constituée de livres, revues, et études reçues ces dernières années en particulier dans le cadre des admissions. Cette possibilité peut s’effectuer par le dépôt par chaque membre de documents leur paraissant les plus significatifs de nos savoir-faire.
LE PARTENARIAT
Notre propre existence, ainsi que les actions ci-dessus à engager nécessitent un travail permanent avec des partenaires publics et associatifs. Sans aucun formalisme c’est à travers en particulier la célébration du centenaire que nous pourrons focaliser les énergies de ceux qui contribuent de loin ou de près à l’urbanisme.
Ainsi à travers nos manifestations 2011 pour lesquelles le Ministère de l’Ecologie (MEDDTL) s’engage, ne serait-il pas opportun d’y associer les Ministères des affaires étrangères et de la culture, villa Médicis, Académie Française, institutions de notre rayonnement international ? N’y a t-il pas l’idée dans l’air l’idée de la création du Nobel de l’urbanisme ?
À un niveau plus pragmatique, la relation avec les autres associations représentatives du milieu professionnel semble plus difficile à stabiliser, la dernière assemblée du CFDU n’a pas abouti à un quelconque compromis.
Néanmoins la clarté de la proposition du bureau de la SFU et portée par notre Président semble avoir atteint les plus septiques ; j’en rappelle ici brièvement sa teneur :
Une confédération de l’urbanisme, le CFDU refondé, et une association d’urbanistes personnes physiques qualifiées, la SFU élargie, avec en parallèle des syndicats défendant des intérêts catégoriels des urbanistes.
Dans le statu quo actuel qui sans doute va perdurer encore quelques temps, notre posture doit être, me semble-t-il, d’engager la mise en œuvre de notre proposition. Pour cela, Il est souhaitable d’établir des rapports directs de président d’association à président d’association membres du CFDU hors du conseil d’administration ou hors des tribunes comme celle de la dernière assemblée du 5 février.
Enfin pour consolider nos engagements il faut prolonger nos relations avec des organismes du type COBATY, établir des relations avec le groupe Moniteur ou encore Urbapress et réussir à s’intégrer dans les trois grandes manifestations nationales connexes à nos métiers, à savoir le congrès de l’Association des Maires de France (AMF) POLLUTEC et BATIMAT.
Christian Luyton
Urbaniste qualifié
26 février 2011
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