Formation continue en urbanisme et VAE, contribution SFU « IAU »

Formation continue en urbanisme et validation des acquis de l’expérience (vae)

Les urbanistes ont besoin de trois types de formation continue, avec des objectifs, des durées et des méthodes différents :

La formation fondamentale, accessible au cours de la vie professionnelle

Pour une nouvelle orientation, une montée en grade, pour devenir urbaniste, l’accès à un Institut d’urbanisme universitaire ou à une autre école est possible comme d’une façon générale l’accès aux diplômes universitaires dans le cadre d’une convention emploi-formation, d’un congé formation, d’un emploi du temps  adapté à titre personnel ou bien dans le cadre d’une réorientation pour un demandeur d’emploi. L’accès au diplôme universitaire peut alors se faire,

  • sous forme d’une demande d’admission individuelle assortie éventuellement d’une demande d’équivalence (s) correspondant à la formation précédente du candidat,
  • ou sous forme d’une VAE (validation des acquis de l’expérience), laquelle est possible pour les diplômes inscrits au RNCP[1], ce qui est le cas de plusieurs masters mention Urbanisme et aménagement[2]. Les universités proposent en général un service d’accompagnement à la VAE, certains organismes de formation continue le font également. Si elle est prononcée par le jury, la VAE peut être complète, et dans ce cas le diplôme est décerné au candidat ; ou bien la VAE peut-être partielle et dans ce cas le candidat devra suivre les enseignements préconisés par le jury pour l’obtention de son diplôme.

Ce diplôme obtenu, la demande de qualification par l’OPQU peut être déposée dans les conditions correspondant au diplôme et donc dès son instauration que nous espérons prochaine le titre d’urbaniste pourra ainsi être obtenu par l’intermédiaire d’une VAE.

La possibilité de formation fondamentale en formation continue existe, sous réserve d’acceptation du dossier pour tous les diplômes. En pratique, elle demande des aménagements d’emploi du temps. Ces aménagements n’existent pas partout. L’Institut d’urbanisme de Grenoble et l’école d’Urbanisme de Paris offrent des formations en alternance, adaptées à l’apprentissage, ou à une convention emploi-formation. D’autres masters, comme à l’IAUR (Aix-Marseille) affichent une vocation particulière de formation continue et sont éligibles à différents financements, mais sans calendrier particulier des enseignements, ils seront plutôt adaptés à un congé-formation, à un emploi du temps personnel très souple ou à une réorientation.

Les demandes d’information sur les possibilités de formation fondamentale en formation continue sont fréquentes.  Une vérification de la convenable répartition de l’offre dans le territoire national, une communication claire et globale à ce sujet, et peut-être un complément d’offre seront nécessaires. Ces sujets dépendent des établissements d’enseignement de l’urbanisme et de l’APERAU. Les associations d’urbanistes et en particulier la SFU et  l’OPQU pourront accompagner la réflexion.

 

Les formations  ponctuelles de mise à niveau

Pour un exercice nouveau ou une prise de poste, pour l’apprentissage d’une technique nouvelle, pour l’information et la mise en œuvre d’une politique ou d’une procédure nouvelle, des formations sont couramment proposées par des organismes généralistes de l’aménagement et de l’urbanisme- par exemple, le département formation continue de l’Ecole des Ponts, le Moniteur- ou bien spécialisés dans un domaine transversal –par exemple le droit, les marchés publics, la programmation, l’infographie- . Les stages sont de durée brève, parfois en plusieurs séquences.

Nonobstant le grand sérieux de la plupart de ces organismes, dans le cadre d’une meilleure reconnaissance de l’urbanisme il y a un peu de ménage à faire dans certaines de ces formations qui promettent de « devenir chef de service en urbanisme en dix jours », qui annoncent un cycle d’urbanisme dont le programme s’avère uniquement juridique, ou qui forment à des « nouveaux métiers » (programmateur urbain, chef de projet, aménageur). Ces matières ne couvrent en réalité qu’une partie de l’exercice du métier  d’urbaniste et nécessiteraient pour être traitées en pleine responsabilité une formation initiale complète, inaccessible dans les délais et les temps d’enseignement affichés.

Les formations continues ponctuelles peuvent aussi concerner des professions connexes qui ont besoin de connaissances en urbanisme.

Pour ces toutes ces formations ponctuelles de mise à niveau destinées aux urbanistes ou aux autres professionnels, les structures existantes semblent donner satisfaction, et il n’est peut-être pas opportun pour les associations professionnelles ni pour les universités (quand elles n’ont pas de service qui le fasse déjà) d’entrer dans ce marché concurrentiel pour des services d’organisation délicate.

Il est très souhaitable cependant que les urbanistes et les Instituts d’urbanisme s’investissent plus dans la prévision des formations ponctuelles en urbanisme nécessaires à la profession ou aux professions connexes, et dans la conduite de ces formations. En effet l’offre est actuellement définie en réaction à l’actualité législative ou technique de façon pragmatique et en léger retard. Une offre plus engagée, basée sur les évolutions et les enjeux de la profession serait préférable.

La formation réflexive, au cours de la vie professionnelle

Destinées aux urbanistes en exercice, ou simultanément aux urbanistes et à des professions connexes, se déroulent chaque année de nombreuses rencontres, forums  et colloques (dont certains ont le statut de formation). Leur but est de susciter une réflexion collective, une prise de distance, et d’offrir de nouvelles ressources dans l’exercice de l’urbanisme. On peut citer :

  • les forums de la SFU organisés chaque année à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Urbanisme, en partenariats, selon les régions, avec les Instituts d’urbanisme, les CAUE, les collectivités, les associations professionnelles,
  • les rencontres entre urbanistes et juristes de la SFU PACA,
  • les universités d’été du CFDU (Ville en partage en 2016),
  • les rencontres de la FNAU[3],

Ces colloques et rencontres donnent une idée de ce que pourrait être une  formation continue réflexive. Il y aurait place pour des ateliers de réflexion plus denses, avec un statut de formation plus marqué, destinés à des urbanistes praticiens.

Plutôt que la configuration habituelle de forum ou de séminaire impliquant une participation relevant principalement de l’écoute, ces ateliers comporteraient un exercice de production collective. Ils pourraient être proposés conjointement par les associations d’urbanistes professionnels et par les Instituts d’urbanisme, donner lieu à exposition ou publication et devenir des temps remarquables dans la vie d’un urbaniste.

L’obligation de formation continue ?

Dans certains pays européens la formation continue est une obligation pour les urbanistes. C’est le cas en France pour certaines professions règlementées.

Doit-on créer cette exigence pour les urbanistes français lorsqu’un titre d’urbaniste aura été instauré ? La diversité de certains exercices professionnels tient lieu de formation continue…

La qualification d’urbaniste est à renouveler tous les cinq ans. Devenue le support du titre d’urbaniste, elle pourra, sans règlementer une nouvelle exigence intégrer dans la procédure de renouvellement l’analyse des formations continues et/ou des évolutions du candidat.

[1]             RNCP : Répertoire National des Certifications Professionnelles. www.rncp.cncp.gouv.fr

[2]             De nombreux diplômes d’urbanisme répondant à la charte de l’APERAU et aux critères de l’OPQU sont inscrits au RNCP et donc accessibles par VAE, par exemple les masters de l’Institut d’urbanisme de Lyon : le master « Urbanisme et aménagement urbain » et le master « Urbanisme et politiques urbaines », ou encore les masters mention Urbanisme et aménagement de Strasbourg.

[3] Fédération nationale des agences d’urbanisme  www.fnau.org

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