Défis globaux, quelles sont les réponses des urbanistes ? #2 Les nouveaux rôles des urbanistes – JMU 2016, Tours

A l’occasion des Journées mondiales de l’urbanisme 2016, les urbanistes de Tours débattaient du thème : « Défis globaux, quelles sont les réponses des urbanistes ? »

Les étudiants du Master Planning and Sustainability de Polytech Tours, issus de 13 pays différents*, ont présenté à cette occasion des exemples concrets provenant de leurs pays.

Que peuvent faire les urbanistes face aux grands projets de dimension nationale, comme les grandes infrastructures de transport, les sites olympiques, qui bouleversent l’espace local ? Quelles solutions peuvent-ils apporter aux vagues migratoires actuelles en Europe, qui appellent des réponses urgentes de la société ? Suite à l’accord de Paris entré en vigueur récemment, quelles sont les conséquences pour les acteurs du cadre de vie et pour le travail des urbanistes ? Comment les urbanistes peuvent-il faire écho à la prise de conscience d’enjeux globaux tels que le réchauffement climatique, l’accès au logement et aux services de base ? Faut-il privilégier la ville compétitive ou la ville inclusive comme modèle de développement ?

Découpée en trois parties, cette conférence a taché de mettre en exergue des exemples significatifs développés aux quatre coins du monde. Voici le dernier article d’une série de trois. Retrouvez les suivants à ces liens :

Les nouveaux rôles des urbanistes
Comment doit se positionner l’urbaniste ? Doit-il avoir pour mission principale de planifier la construction de nouvelles villes (éco-cités, smart cities…) ou doit-il mener de « petits »projets répondant de façon adéquate aux nouveaux enjeux ? Quelle échelle est la plus juste?

Pour poursuivre leur développement, les métropoles adoptent des stratégies différentes. A Moscou, le problème de transport -beaucoup d’habitants de banlieue viennent travailler dans le centre de la capitale- a conditionné le choix de développer un territoire rattaché au centre, pour l’agrandir tout en ayant la capacité de développer les zones attenantes. Beijing, dont la principale problématique est la pollution, a opté pour un schéma bien plus décentralisé : la ville a développé d’autres quartiers en-dehors du centre. Enfin Mumbaï doit trouver des solutions pour une large partie de sa population très pauvre, pour laquelle il faut développer de nouveaux espaces abordables. La ville a choisi de développer une twin city.

Ces villes, très concentrées et très peuplées, ont besoin de s’agrandir pour avoir de meilleures conditions de vie, de travail et redistribuer les activités. Si leur problématique est sensiblement la même, les options choisies pour y parvenir divergent.

Enfin, les urbanistes sont aussi amenés à agir petit et intégré. Comment aider les populations les plus démunies dans leur objectif d’intégration ? A Berlin, un projet foncier de maisons et d’appartements à bas coût a été développé sur l’emplacement d’anciennes résidences étudiantes. Les nouvelles habitations, construites à partir de matériaux recyclés ou récupérés sur les anciens bâtiments pour baisser le coût de construction, affichent des prix attractifs à l’achat comme à la location.

En République Dominicaine, des groupes d’extrême pauvreté avaient appris à vivre avec le risque permanent d’inondations fulgurantes. Plusieurs ministères et le gouvernement local se sont réunis pour aménager un site dans une zone sécure, accessible aux personnes disposant de faibles revenus. Les habitants du quartier bidonville inondable vont ainsi être relogés dans des zones salubres et ne plus, à chaque intempérie, perdre à nouveau tous leurs biens.
En somme, les cas de figure sont légion : l’étude du contexte est primordiale pour parvenir à définir les solutions les plus efficientes. Le cas de l’Inde, qui développe de nombreuses smart cities, est emblématique : le résultat peu satisfaisant de ces villes nouvelles en kit tend à montrer qu’il serait préférable de développer des modèles de villes adaptés à la culture locale.

La problématique du climat, les inondations, les risques de tremblements de terre, sont une caractéristique désormais commune à de nombreux pays. L’urbaniste doit apprendre à intégrer ces changements dans son approche. A cet égard, les mesures prises il y a cinq ou dix ans sont certainement déjà obsolètes : il faut parvenir à s’adapter rapidement. Reste qu’en urbanisme comme pour tout projet qui touche la vie publique, rien ne peut se faire si la volonté politique ne suit pas…

*Allemagne, Canada, Chine, Egypte, Inde, Iran, Oman, Pologne, République Dominicaine, Russie, Serbie, Thaïlande, Vietnam

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