Diplôme ? Qualification ? Titre ? La SFU fait le point

Régulièrement la Société Française des Urbanistes est sollicitée pour qu’elle se prononce, avec d’autres organismes, en faveur de la création d’un titre professionnel. Ce fut encore récemment le cas de la part du Conseil Français des Urbanistes (CFDU). Pour la SFU, plus que d’un titre, c’est de savoirs et de compétences que les urbanistes doivent se prévaloir. Il est donc apparu nécessaire au Conseil d’administration de notre association d’affirmer une fois encore notre position sur cette question. Elle est rappelée ci-dessous.

Depuis 1911, la Société Française des Urbanistes regroupe les porteurs des innombrables savoirs constitutifs de l’urbanisme qui partagent l’« ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l’organisation et à l’aménagement des espaces urbains, en vue d’assurer le bien-être de l’homme et d’améliorer les rapports sociaux en préservant l’environnement ».

Cette définition de l’urbanisme (1) en préambule de notre site internet (2) illustre à la fois la richesse et la complexité de l’urbanisme: le réduire à une profession ou à un métier restreint inévitablement l’éventail des consciences de l’urbanisme ; l’embrasser dans toutes ces composantes replace le rôle des urbanistes dans les différentes étapes de conception et de construction de la ville.

Par chance, de multiples cursus enseignent en France les différentes facettes des métiers de l’urbanisme (3), répondant ainsi à la complexité croissante et aux défis de l’urbain, sûrement de façon plus qualitative que dans de nombreux pays. La SFU défend en conséquence la multiplicité des compétences requises pour produire un urbanisme de qualité et la diversité des praticiens de l’urbanisme qui en est issue, une position également affirmée au sein du Conseil Européen des Urbanistes (4) dans lequel la SFU représente les urbanistes français.

De tout cela, la SFU tire deux conclusions : 

– Aucune formation, profession ou cursus ne saurait s’arroger un titre d’urbaniste au détriment des autres formations, professions ou cursus ayant une action sur la ville et les territoires.

– Tout individu ou structure doit pouvoir prétendre s’il le souhaite à faire valider sa formation, ses acquis et son expérience dans un cadre professionnel, clair et équitable, indépendant et impartial, pour être qualifié d’urbaniste.

Aujourd’hui en France, la qualification opérée par l’Office Public de Qualification des Urbanistes répond à ce second objectif. L’OPQU fixe le cadre d’évaluation des personnes et des structures exerçant l’urbanisme et délivre les qualifications sur dossiers et entretiens. Issu d’une démarche consensuelle (5), l’OPQU a affirmé son rôle, son organisation et ses processus de qualification pour devenir aujourd’hui une instance qui remplit pleinement ses objectifs initiaux. Le Ministère de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales et l’Association des Maires de France et des Présidents d’Intercommunalités ont conforté l’OPQU en lui confiant une mission de service public, le premier par le biais d’une convention, la seconde par celui d’une charte (6). 

En parallèle, le Conseil Européen des Urbanistes a édité en 2017, le « Guide (7) Européen de la Qualification des Urbanistes, comprenant les Principes de Déontologie », assurant ainsi la cohérence de la qualification OPQU dans un contexte international. 

En tant que société savante, la SFU est depuis 1911 le lieu d’échange de tous ceux qui concourent à la réflexion sur l’Urbanisme. Elle n’est pas un organisme de défense des urbanistes et, au contraire, ouvre ses portes à toutes les pensées publiques et privées, débutantes et confirmées, qui font progresser collectivement (8) le bien-être des habitants, la protection de l’environnement et l’inclusion sociale dans la fabrication et la requalification des villes et des territoires.

La SFU soutient la qualification telle que portée par l’OPQU car elle autorise quiconque à passer du statut d’acteur de l’urbanisme à celui de qualifié pour exercer des missions d’urbaniste, sans prérequis de formation ou de diplôme, mais en faisant valoir ses capacités d’intervention (les savoirs et les méthodologies), ses expériences (les références professionnelles) et ses acquis (la satisfaction des maîtres d’ouvrage, des habitants et de tous ceux qui pratiquent la ville).

A la complexité et diversité de la ville répond ainsi la diversité de ceux qui la pensent, l’aménagent et la construisent.

Le Conseil d’administration de la SFU

juillet 2021

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(1) Cette définition est proposée par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales : https://www.cnrtl.fr/definition/urbanisme

(2) www.urbaniste.com

(3) Cf. l’article « Devenir urbaniste » sur www.urbaniste.com

(4) Cf. l’article « Le Conseil Européen des Urbanistes: Quesako? » ainsi que «Conseil Européen des Urbanistes » sur www.urbaniste.com

(5) L’OPQU a été créé par le Conseil Français des Urbanistes (CFDU) en 1998, en association avec la Société Française des Urbanistes (SFU), l’Association Professionnelle des Urbanistes des Collectivités Territoriales (APUCT), devenue Urbanistes des Territoires (UT), l’Association des Urbanistes Aménageurs dans l’Etat (AUDE), la Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme (FNAU), la Fédération Nationale des CAUE (FNCAUE), la Fédération Nationale des Centres PACT ARIM (FNC PACT ARIM).

(6) Le contenu de ces documents indique qu’il s’agit notamment pour l’OPQU :

– d’assurer une veille sur les contenus de la profession d’urbaniste de la qualification professionnelle,

– de promouvoir la déontologie de la profession,

– de valoriser la formation initiale et professionnelle, notamment par la mise en place de lieux d’échange avec les institutions en charge de formations initiales ou professionnelles : APERAU, Ecoles Nationales Supérieures d’Architecture et de Paysage, Ecole Supérieure des Géomètres et Topographes, Ecoles d’Ingénieurs, CNFPT.

(7) Cf. l’article « Guide Européen sur la Qualification des Urbanistes » sur www.urbaniste.com

(8) Ce souci d’ouverture, dont la SFU ne s’est jamais départie, est affirmé dès la publication des premiers statuts consultables sur www.urbaniste.com (rubrique Présentation, onglet Statuts).