La SFU, pour quoi faire ?

S’ils ne veulent pas nécessairement mettre les urbanistes en prison, nombre de nouveaux adhérents, mais aussi de plus anciens, s’interrogent sur l’activité de la Société Française des Urbanistes et sur ce qu’elle peut bien leur apporter. Avant de répondre,

quelques rappels sur les objectifs poursuivis et les valeurs portées par la SFU :

  • La SFU retient comme définition de l’urbanisme celle que propose le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL, https://www.cnrtl.fr/definition/urbanisme) : Ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l’organisation et à l’aménagement des espaces urbains, en vue d’assurer le bien-être de l’homme et d’améliorer les rapports sociaux en préservant l’environnement. Outre qu’elle nous nous parait très juste, car elle contient tous les aspects, techniques, humains et d’organisation spatiale de l’urbanisme, cette définition du CNRTL assigne aussi une finalité éthique à l’urbanisme. Car l’urbanisme n’est pas seulement un ensemble de techniques, il a une visée transformatrice, il cherche dans son domaine, celui de l’organisation des territoires en vue d’y accueillir et d’y permettre le développement des activités humaines, à faire le monde meilleur. A sa naissance, il y a un peu plus de cent ans, l’urbanisme répondait aux questions posées par les métropoles contemporaines. Il s’agissait « d’assurer le bien-être et d’améliorer les rapports sociaux » dans cette nouvelle géographie. Cet objectif est toujours le fondement de son action. Depuis, l’urbanisme a élargi sa réflexion en prenant en compte d’autres problématiques dont celle de la préservation de l’environnement.
    Pour la SFU cette dimension humaniste de l’urbanisme est essentielle, indispensable, incontournable.
  • La SFU n’est ni un ordre, ni un syndicat, mais une « société savante » comme l’indique le préambule de ses statuts: « L’association demeure fidèle à ses fondateurs qui, en créant la SFU en 1911, société savante issue des courants philosophiques et humanistes de la fin du XIXème siècle à partir du Musée Social(1) ont voulu fédérer, débattre, proposer des orientations aux pouvoirs publics et, à partir de leurs différentes positions et disciplines, instituer et faire évoluer l’urbanisme et la profession d’urbaniste. »
    Cette vocation de société savante a été réaffirmée nettement ces dernières années, non que la SFU soit plus compétente que les autres associations professionnelles d’urbanistes, mais parce qu’elle entend faire connaître et faire avancer la réflexion dans cette vaste discipline qu’est l’urbanisme, en même temps que permettre à ses membres d’y enrichir leur connaissance.

(1) L’appellation « Musée » social est trompeuse. Fondé en 1894, le Musée social fut dès le départ un véritable institut de recherche. Il s’organisait autour de services (industriel, agricole, mutualité…), d’une bibliothèque spécialisée ouverte à tous, de sections d’études et d’enquêtes, dont la section d’hygiène urbaine et rurale à partir de laquelle a été créée la SFU.

 

À partir de là,

quelles sont les activités développées par la SFU ?

  • les Rendez-vous de la SFU :
    Il s’agit de débats ouverts à tous, membres de la SFU ou non, introduits par un exposé de 20 à 30 minutes, sur un thème en lien avec l’urbanisme, arrêté par le conseil d’administration à partir des propositions faites par n’importe quel membre de l’association. L’exposé introductif est assuré par un sociétaire SFU ou par un invité retenu pour sa compétence par rapport au sujet traité.
    La fréquence : tous les deux mois environ, soit six Rendez-vous par an au moins.
    Le fonctionnement : les Rendez-vous ont lieu le plus souvent en visio-conférence. Ils se tiennent parfois au Pavillon de l’Arsenal, centre d’architecture et d’urbanisme de la ville de Paris qui nous accueille pour la circonstance.

Piloter l’innovation urbaine & les (H)auteurs des villes, 2 thèmes des Rendez-vous en 2022

 

 

 

 

 

 

  • les Ateliers :
    Divers ateliers, ouverts à tous les membres de la SFU et qui peuvent être rejoints par des personnalités extérieures, se réunissent pour travailler sur un thème particulier. Depuis plus d’un an, après s’être prononcée contre la démolition de la Butte Rouge à Châtenay Malabry, un atelier initié par la SFU s’intéresse aux cités-jardins en France et dans le monde. Une publication est prévue pour rendre compte des travaux de l’atelier. Plus récemment, à l’initiative de l’un se ses administrateurs, la SFU a mis en place un groupe de travail « Urbanisme et habitat ». Quiconque souhaite rejoindre ces ateliers est le bienvenu.
  • le Jour Mondial de l’Urbanisme et les « grands » événements :
    Fondé en 1949 par le professeur Carlos Maria della Paolera de l’Université de Buenos Aires, afin de faire croître l’intérêt du public et des spécialistes pour l’urbanisme, le Jour Mondial de l’Urbanisme se tient chaque année le 8 novembre, avec pour objectif de « faire appel à la conscience des citoyens et des collectivités pour mettre en perspective les impacts environnementaux liés au développement des villes et des territoires ».
    La SFU organise chaque année à cette occasion (le 8 novembre… ou presque, selon disponibilités des uns et des autres), au niveau national ou régional, une manifestation qui peut prendre des formes très diverses : réunion de délégation régionale, conférence, débat, etc., sur un thème défini en début d’année lors de la réunion de l’Assemblée générale ordinaire ou, à défaut, lors d’une réunion du Conseil d’administration. Tous les 3 à 5 ans environ, cette manifestation peut devenir événement national, voire international, et même s’étendre sur plusieurs journées. Les deux derniers grands événements organisés par la SFU furent :

    • un colloque, associé à quatre promenades urbaines, accueilli par la Métropole du Grand Lyon les 8 et 9 novembre 2019, à l’occasion du centenaire de la loi Cornudet, première loi régissant l’urbanisme en France : Quelle ambition pour l’urbanisme aujourd’hui ? Le colloque a donné lieu à des actes, téléchargeables sur le site internet de la SFU 
    • une journée de conférences et d’échanges, dédiée aux problématiques d’aménagement des Détroits d’Europe à partir de l’exemple du Détroit du Pas de Calais, accueillie par le Conseil départemental du Pas de Calais le 6 juillet 2022 et associant des personnalités issues des quatre pays riverains du détroit : France, Royaume-Uni, Belgique et Pays-Bas. Une vidéo présente les thèmes développés lors de cette journée. Elle doit être complétée avec les présentations détaillées des différents urbanistes qui ont participé à la manifestation. Pour la visionner, c’est ici .

S’adressant plus particulièrement aux professionnels, ces manifestations sont cependant ouvertes à tous et peuvent réunir une centaine de personnes.

Promenade urbaine à l’occasion du colloque « Quelle ambition pour l’urbanisme aujourd’hui ? »

 

 

Journée d’échanges avec le Comité du Détroit

 

 

 

 

 

Quels outils pour faire vivre la SFU et la faire connaître ?

Pour faire connaître et diffuser les connaissances issues des divers travaux et réflexions qu’elle mène, la SFU a mis en place différents outils :

  • un site internet : https://www.urbaniste.com
    Mis à jour aussi régulièrement que possible, le site est consulté en moyenne 600 fois par mois. On y trouve principalement :

    • des données générales sur la SFU : son histoire, ses valeurs, ses statuts, la liste des élus à son exécutif, ses archives, etc.
    • les actualités de la SFU : relation des Rendez-vous, lectures de la SFU, événements pour lesquels des représentants de la SFU ont été sollicités, etc.
    • un espace dédié aux membres de la SFU, sur lequel ils peuvent exprimer un point de vue dont ils souhaitent limiter la diffusion aux seuls adhérents, et où sont publiés les comptes-rendus des réunions du Conseil d’administration. Cet espace est sous-utilisé ; les adhérents sont invités à la faire vivre !
  • une chaîne vidéo accueillie sur You Tube : https://www.youtube.com/@sfu-societefrancaisedesurb2661

Le souhait de la SFU est de rendre accessible au plus grand nombre le contenu de ses réflexions, d’assurer la diffusion des savoirs qu’elle peut acquérir notamment par le biais de ses « Rendez-vous », et d’en constituer un ensemble si possible cohérent, en tout cas susceptible d’intéresser quiconque porte attention à l’urbanisme, qu’il soit professionnel ou pas.

 

 

  • une exposition : 100 ans d’urbanisme, le chemin du siècle :
    En 2011, à l’occasion du centenaire de sa fondation, la SFU a élaboré, sous la conduite de Michel CANTAL DUPART, une série de 38 panneaux qui illustrent les principaux événements qui ont jalonné un siècle d’urbanisme. Une sélection d’une dizaine de panneaux a été ré-éditée sous forme de rouleaux extensibles à l’occasion de la Biennale Européenne des Villes et des Urbanistes organisée par la SFU à Saint-Denis en 2017 .

 

La SFU met ces panneaux gratuitement à disposition de ses membres pour toute manifestation, où l’urbanisme est évoqué, qu’ils seraient amenés à organiser.

 

 

 

  • les réseaux sociaux : la SFU a retenu Linkedin pour informer, au-delà de ses adhérents, sur les activités qu’elle propose. L’annonce la tenue des Rendez-vous et de leur retransmission sur You tube est systématiquement relayée sur le réseau, avec des taux d’impression en progression sensible.
    Enfin, outre le réseau Linkedin, « mailchimp » est utilisé pour informer de nos activités, outre nos adhérents, un groupe de 250 personnes environ, susceptibles de s’intéresser aux questions d’urbanisme.

 

Quelle gouvernance pour la SFU ?

Comme dans toutes les associations de type Loi de 1901, les deux organes de gestion de la SFU sont :

1. l’Assemblée Générale, composée de l’ensemble des membres de la SFU, qui se réunit au moins une fois par an notamment pour :
– entendre et délibérer sur l’activité et sur la gestion du Conseil d’administration et sur la situation financière de l’association ;
– fixer le montant des cotisations, sur proposition du Conseil d’administration,
– élire le Conseil d’administration.

L’Assemblée générale est le principal organe décisionnaire de la SFU : c’est là que se définissent les grandes orientations que l’association entend suivre et que se décident les principales activités qui seront menées pendant l’année.

2. le Conseil d’administration (C.A.)
Les attributions du Conseil d’administration de la SFU sont celles de tout C.A. d’une association. On rappellera simplement ici :
– qu’il est composé des délégués régionaux, élus par les régions en Assemblée régionale, et de neuf membres, au plus, élus par l’Assemblée Générale,
– que les deux tiers au minimum des délégués élus sont des membres sociétaires qualifiés par l’OPQU (2/3 minimum des délégués de chaque région, du Conseil d’administration, du bureau),
– que le CA doit comprendre dans toute la mesure du possible une représentation des membres associés et des membres partenaires,
– et que l’association doit veiller à la diversité au sein du CA des différents modes d’exercice professionnel et au respect de la parité homme-femme.

La participation au Conseil d’administration n’est pas réservée aux « anciens » de la SFU. Tout membre sociétaire, associé ou partenaire, dès la première Assemblée générale à laquelle il participe, peut prétendre à en faire partie.

Réunion du Conseil d’administration de la SFU le 2 juin 2022 à Avignon

 

 

 

 

 

 

Enfin la SFU a mis en place des partenariats avec divers organismes nationaux et internationaux. On citera notamment :

– l’Office Professionnel de Qualification des Urbanistes (OPQU) dont elle est membre fondateur. Elle dispose à ce titre d’un siège au Conseil d’administration de cet organisme ;
– l’Association pour la Promotion de l’Enseignement et la Recherche en Urbanisme et en Aménagement (APERAU) avec laquelle la SFU mène des actions communes ponctuelles ;
– l’Association Internationale des Urbanistes (AIU/ISOCARP) avec laquelle il existe des échanges d’information ;
– le Conseil Européen des Urbanistes (CEU/ECTP), dont la SFU est membre fondateur. Elle y représente, conjointement avec l’OPQU, les urbanistes français.

Si les représentations au sein de ces organismes sont assurées par des membres du Conseil d’administration, tout sociétaire peut prétendre représenter les urbanistes au nom de la SFU dans diverses institutions ou commissions départementales ou régionales, notamment les CAUE. Il suffit d’en faire la demande auprès du Conseil d’administration qui, après instruction, désignera le sociétaire auprès de l’administration ou de l’organisme concerné (Préfecture, CAUE, etc.),

 

En guise de conclusion

Adhérer à la SFU, c’est être partie prenante dans le débat sur l’évolution des villes et des territoires : la SFU ne cherche pas à développer une offre de services à « consommer » par ses membres, mais à proposer des actions en vue de faire connaître et de promouvoir l’urbanisme, de faire progresser les connaissances dans cette vaste discipline, actions pour lesquelles elle sollicite un engagement de ses adhérents dont elle attend qu’ils soient des militants actifs. Pour paraphraser l’expression célèbre de John Fitzgerald Kennedy : ne vous demandez pas ce que la SFU peut faire pour vous, mais demandez vous ce que vous pouvez faire pour elle.